Historique du quartier des Galères
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Les Arcenaulx,
un projet à travers quatre siècles Le quartier des Arcenaulx délimite un espace compris entre le quai des Belges, la rue Breteuil, le quai de Rive-Neuve, la rue Sainte et la rue Fort Notre-Dame. La cohérence urbaine de cet espace a perduré, malgré les fortunes et les vicissitudes de l'histoire : sa désignation, au-delà des changements de fonctions et d'occupations des lieux, recouvre, encore de nos jours, une même unité urbaine sans cesse revivifiée. L'arsenal des galères En 1488, sur l'ordre du roi Charles VIII, cet espace,
jusque-là inexploité, se voit attribuer une fonction précise
: six tercenaux y seront construits afin de servir de remise aux galères.
Les tercenaux seront achevés en 1494 et six galères y seront
armées pour les guerres d'Italie. En 1512, Louis XII commandera
douze nouveaux tercenaux dont six seront réalisés. À
partir de 1529, suite à la série de déboires qui
aboutissent au siège de Marseille par Charles-Quint, François
1er ordonne la construction de treize nouvelles galères. En 1646,
l'hôpital des forçats est fondé à l'initiative
de Saint-Vincent-de-Paul et du Général des galères. Le grand siècle, En 1660, Louis XIV supprime le consulat de Marseille et entreprend la construction du fort Saint-Nicolas, orienté, non vers le large pour défendre la ville, mais vers la ville elle-même afin de juguler d'éventuelles révoltes. Le remodelage de la ville qui va suivre, avec son tracé cohérent et moderne (la future Canebière et les rues adjacentes) va de pair avec l'affirmation de la présence de l'Etat central sur tout l'espace agrandi et enclavé de l'arsenal. En 1699, Arnoul demande à Pierre Puget, chargé par la Ville d'un plan de développement urbain, un projet d'extension de l'arsenal : une cité idéale des galères est imaginée dans une perspective utopiste rappelant Ledoux. Le projet restera dans les cartons. A sa place, deux darses couvertes seront construites, l'hôpital des forçats se verra rénové, et l'ensemble imposant aura cependant noble allure. De plus, le chantier naval public situé sur l'actuel quai des Belges est alors expulsé vers le bassin du carénage : l'architecte Boyer y réalise vers 1685, sur les plans de Niquet, le Pavillon de l'Horloge regroupant, derrière ses piliers monumentaux et ses grilles altières, des magasins de stockage, des ateliers, des locaux administratifs, et jusqu'à une immense salle d'armes. L'arsenal atteindra son apogée dans les années 1685 - 1690 avec le prolongement de sa construction jusqu'à la rue Fort Notre-Dame : l'on verra alors dans le port jusqu'à quarante galères - qui ne sont plus que de luxueuses constructions d'apparât - paralyser toutes autres activités. L'arsenal, à la fin du XVIIème siècle, occupe plus de dix-huit hectares et représente plus de 18 000 habitants. C'est une véritable enclave dans la ville qui empêche toute circulation sur le quai et bloque l'alignement des nouveaux tracés d'Arnoul. C'est aussi, au cur de la cité urbaine, un véritable ensemble architectural, à la fois usine, à la fois caserne, dont les fonctions carcérales revêtent des allures de palais, à l'image de la puissance royale. XVIlIème et XIXème, un nouveau quartier
Paradoxalement, l'apogée
de l'arsenal correspond au déclin de ses fonctions. Rapides sur
les flots, mais fragiles et lourdes à appareiller, les galères
sont inefficaces militairement.
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Les Arcenaulx,
un patrimoine vivant xxxxIdentité qui se renforce tout au long du début du XXéme siècle en épousant parfaitement un bâti hérité de l'histoire, grâce à l'action de l'association culturelle des Arcenaulx, fondée par Jeanne Laffitte. L'édition en fait son quartier général avec les quotidiens régionaux et des maisons au rayonnement international, tels les "Cahiers du Sud" de jean Ballard ou la presse de Jo Berto. Des artistes (Ambrogiani, Fernand Nègre, Quilici, Ferrari, Briata) des artisans au renom d'experts, de petits commerçants, des restaurateurs, des cafetiers s'emploient à individualiser ce quartier désormais parti intégrante du centre de la ville. Menacés par la pratique urbaine des années vingt, les Arcenaulx, désormais désenclavés par le comblement du canal en 1925, risquent alors la destruction pure et simple. L'histoire va encore jouer en leur faveur avec la crise de 1929, la guerre et les nouvelles orientations des villes. Le centre demeure intact. Mais dans les années 60, sa circulation étant totalement paralysée, un parking en étages est construit cours d'Estienne d'Orves. Solution inévitable mais provisoire. L'ensemble architectural des Arcenaulx n'est pas affecté par les besoins factuels. Au contraire, grâce à l'action de l'Association Culturelle des Arcenaulx, fondée par Jeanne Laffitte, avec un ouvrage de Jean Boissieu publié par l'association, le public prend conscience de ce patrimoine unique en centre ville. En 1982, Jeanne Laffitte, avec ses
amis de l'école d'architecture de Luminy, lance une consultation
internationale pour l'aménagement du cours. De la complicité
de Gaston Defferre à la décision de Robert P. Vigouroux,
le parking est démonté en 1987. |
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